Loi anti-boycott. Sceau d’infamie pour Amnesty International en Israël.

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a décidé d’appliquer pleinement la loi «anti-boycott» votée par la Knesset en juillet 2011 pour punir les ONG appelant à ne pas consommer des produits de «Judée-Samarie».

Nissim Behar à Tel-Aviv pour Libération (Copyrights) : « La première ONG visée par les sanctions sera Amnesty International, que les officiels israéliens accusent de «mener une campagne injustifiée et proche de l’antisémitisme» contre les colonies de l’Etat hébreu.

A en croire l’entourage de la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, et de son homologue des Finances, Moshé Kahlon, de «nombreuses plaintes» visant la campagne lancée par Amnesty International à l’occasion du 50e anniversaire de la guerre des Six Jours (juin 1967) auraient en effet été enregistrées à Jérusalem. Ce qui justifierait un examen attentif et l’application de la loi.

En vertu de la «loi anti-boycott», les ressortissants israéliens effectuant des dons à Amnesty International ne bénéficieront plus d’un abattement fiscal et la branche locale de l’organisation perdra également tous les avantages et réductions diverses qui auraient pu lui être accordés.

Lors du vote de cette loi, ses promoteurs ne cachaient pas que leur objectif principal était de «pourrir la vie des organisations ennemies d’Israël» en réduisant leurs rentrées financières et en rendant plus compliqué leur fonctionnement journalier. Ce qui sera le cas pour la branche israélienne d’Amnesty, désormais marquée du sceau d’infamie.

En mars, la Knesset a par ailleurs voté une autre loi interdisant l’entrée du territoire aux partisans déclarés du boycott des produits «made in Israël». Essentiellement des militants du mouvement BDS («Boycott Désinvestissement Sanctions») et de ses satellites dûment identifiés par un département spécialisé du ministère de la Sécurité intérieure. Mais des responsables de l’ONG Human Rights Watch ont ensuite été ciblés par la même mesure et au sein du ministère de la Justice, des juristes ont été chargés d’étudier la possibilité d’ajouter ceux d’Amnesty International à la liste ».

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