Israël. 1000 startups lancées par des ex de l’Unité 8200.

Un article de Stéphane Benoit-Godet. (Le Temps). Une incorporation dans l’Unité 8200 fait l’objet d’un processus de sélection exigeant. «Le processus débute quand on a environ 17 ans. Hormis les tests de quotient intellectuel, l’armée ne cherche pas des profils expérimentés, mais posés et capables d’assimiler beaucoup de choses rapidement, dont plusieurs autres langues», conclut Inbal Arieli. C’est-à-dire, apprendre à «parler» notamment différents dialectes de programmation informatique.

Depuis des décennies, les anciens de 8200 essaiment dans les start-up de la Silicon Wadi, un bassin high-tech qui se concentre autour de Haïfa, la capitale économique de l’Etat hébreu, et à Jérusalem. Cette crème de la crème technologique compterait entre 5000 et 7500 membres. C’est la plus grande unité martiale de renseignement d’Israël. On estime à 1000 le nombre de pépites lancées à ce jour par ses anciens agents secrets, version 2.0.

«L’Unité est un véritable accélérateur d’idées. CheckPoint, Waze ou encore Mirabilis ont tous été incubés chez 8200», indique Ygal*, un officier haut gradé de ce club d’entrepreneurs en puissance, financé par l’armée, et dont l’existence était classée secret d’Etat jusqu’au début des années 1990.

Une cyberécole martiale

La légendaire unité coopère avec les services de contre-espionnage étrangers, notamment américains. «Quand ils viennent en Israël, ces derniers s’étonnent souvent de voir des petits jeunes gérer seuls des projets normalement dévolus à des spécialistes beaucoup plus expérimentés. En intégrant 8200, on s’engage à travailler quotidiennement 18 heures par jour, sept jours sur sept», témoigne Ygal. Cette antichambre à «licornes» serait, paradoxalement, une hiérarchie militaire assez plate, où l’on encourage la remise en question des décisions de son supérieur. «Si l’on se trompe, mais que l’on peut justifier son erreur, personne n’est sanctionné», relève-t-il.

Le réseau 8200 irrigue aujourd’hui tous les secteurs high-tech de la Silicon Wadi. C’est surtout un passeport pour l’emploi, qui ouvre toutes les portes. Dont celles de Sixgill, spécialisé dans l’observation des pirates informatiques qui gravitent dans le Dark Web. «Je puise essentiellement mes nouvelles recrues parmi des vétérans de cette unité, même si je n’en ai personnellement jamais fait partie», souligne Avi Kasztan, cofondateur de l’entreprise qui affiche une croissance trimestrielle de 300% depuis son lancement en 2014.

Source : www.letemps.ch

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