Vu d’Israël. Escalade entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

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La crise entre la Corée du Nord et Washington ne fait pas les gros titres en Israël. Donald Trump a promis « le feu et la colère ». A Jérusalem personne ne croit vraiement à une guerre potentielle.

La tension était montée en Mai 2017 entre la Corée du Nord et Israël. Les hostilités avaient été lancées par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman. Interviewé par le site d’information israélien Walla, il avait traité le président nord-coréen, Kim Jong-un, de « dingue à la tête d’une bande de fous extrémistes ». Il a ajouté que son régime « menace la paix du monde » et qu’il a « franchi la ligne rouge avec ses essais nucléaires ».

Lieberman avait déclaré que Kim Jong-un, “ce fou, était le plus grand allié d’Assad et de l’Iran“, et qu’il y a “un axe direct depuis la Corée du Nord en passant par l’Iran jusqu’en Syrie et le Hezbollah… et le seul but de ces gens-là est de déstabiliser le monde entier“, rapporte le site israélien i24 news.

 DERNIERS DEVELOPPEMENT COREE DU NORD – ETATS UNIS.

Un excellent article de lalsace.fr (extraits) :

Que souhaite la Corée du Nord ?

Comme son père (Kim Jung-Il) et son grand-père (Kim Il-Sung), Kim Jong-Un, 33 ans, joue avant tout la survie du régime, ultime vestige du stalinisme. Pour assurer la pérennité de son pays de 26 millions d’habitants, il manie la terreur à l’intérieur et à l’extérieur, faisant du nucléaire « une arme politique et identitaire » , selon Antoine Bondaz de l’Institut français des relations internationales, cité par La Croix. « Ce programme légitime ainsi les sacrifices de la population, nourrit le nationalisme et se renforce lui-même » , poursuit le chercheur. Kim Jong-Un, « le roi de l’étoile du matin », comme le surnommait sa mère, sait que la Corée du Nord bénéficie d’un statu quo géopolitique. Aucune coopération en Asie n’a vu le jour pour tenter de négocier avec Pyongyang, la Chine restant en observation et les États-Unis ne souhaitant pas s’extraire de cette partie du monde, ni lâcher ses alliés nippons et sud-coréens.

Ces deux pays, considérés comme deux suppôts du grand Satan américain (N.D.L.R. : 30 000 GI sont positionnés en Corée du Sud, 50 000 au Japon), peuvent difficilement jouer un rôle diplomatique. La Corée du Nord, tout en s’affichant pour un traité de paix sur la péninsule et une reconnaissance de son statut de puissance nucléaire, poursuit, elle, sa fuite en avant au niveau de l’armement. Cette montée en pression intervient quelques jours avant des manœuvres américano-coréennes (21 août), timing qui n’est sans doute pas totalement anodin.

Que souhaitent les États-Unis ?

Plusieurs observateurs comparent cette escalade à la crise de la baie des Cochons en 1962. En juin 1994, Bill Clinton, à la Maison-Blanche, a lui aussi hésité à lancer des frappes aériennes pour anéantir le programme nucléaire clandestin nord-coréen. « Nous avions conscience que nous étions au bord d’une guerre qui pourrait impliquer des armes de destruction massive » , avait retracé en 1999, William Perry, ancien secrétaire à la Défense.

Que fera Donald Trump, 45e président des États-Unis ? C’est la première grande crise que ce néophyte en diplomatie a à gérer. Ses mots lourds de sens ont exacerbé les tensions, même si l’entourage présidentiel a joué la mesure, surtout Rex Tillerson, le secrétaire d’État, militant, lui, pour « une pression pacifique » à exercer sur Pyongyang. L’abandon du programme nucléaire reste toujours un préalable aux yeux des Américains. Cette escalade verbale effraie aussi par la personnalité des deux dirigeants « ennemis ». Pour la plupart des experts, seules des négociations, plus ou moins directes dans ce conflit bilatéral, peuvent conduire à une issue pacifique.

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